MN 152
Indriyabhāvanā Sutta
— Le développement des facultés —
[ Indriya: facultés | bhāvanā: développement ]

Un discours sur la maîtrise des facultés sensorielles, qui peut être considéré comme des instructions détaillées pour pratiquer la vigilance aux portes des sens.



Pāḷi



Evaṃ me sutaṃ:

Français



Ainsi ai-je entendu:

Ekaṃ samayaṃ bhagavā gajaṅgalāyaṃ viharati veḷuvane. Atha kho uttaro māṇavo pārāsiviyantevāsī yena bhagavā tenupasaṅkami; upasaṅkamitvā bhagavatā saddhiṃ sammodi. Sammodanīyaṃ kathaṃ sāraṇīyaṃ vītisāretvā ekamantaṃ nisīdi. Ekamantaṃ nisinnaṃ kho uttaraṃ māṇavaṃ pārāsiviyantevāsiṃ bhagavā etadavoca:

En une occasion, le Fortuné séjournait à Gajaṅgalā dans une bambouseraie. En cette occasion-là, le jeune brahmane Uttara, un disciple de Pārāsiviya, alla trouver le Fortuné et, à son arrivée, échangea avec lui des salutations amicales et courtoises. Après cet échange de salutations courtoises, il s'assit d'un côté. Alors qu'il était assis là, le Fortuné lui dit:

— Deseti, uttara, pārāsiviyo brāhmaṇo sāvakānaṃ indriyabhāvana’’nti?

— Uttara, est-ce que le brahmane Pārāsiviya enseigne à ses disciples le développement des facultés?

— Deseti, bho gotama, pārāsiviyo brāhmaṇo sāvakānaṃ indriya-bhāvana’’nti.

— Oui, Sieur Gotama, le brahmane Pārāsiviya enseigne à ses disciples le développement des facultés.

— Yathā kathaṃ pana, uttara, deseti pārāsiviyo brāhmaṇo sāvakānaṃ indriyabhāvana’’nti?

— Et comment, Uttara, le brahmane Pārāsiviya enseigne-t-il à ses disciples le développement des facultés?

— Idha, bho gotama, cakkhunā rūpaṃ na passati, sotena saddaṃ na suṇāti. Evaṃ kho, bho gotama, deseti pārāsiviyo brāhmaṇo sāvakānaṃ indriyabhāvana nti.

— En cela, Sieur Gotama, on ne voit pas les formes avec les yeux, on n'entend pas les sons avec les oreilles. Voici, Sieur Gotama, comment le brahmane Pārāsiviya enseigne à ses disciples le développement des facultés.

— Evaṃ sante kho, uttara, andho bhāvitindriyo bhavissati, badhiro bhāvitindriyo bhavissati yathā pārāsiviyassa brāhmaṇassa vacanaṃ. Andho hi, uttara, cakkhunā rūpaṃ na passati, badhiro sotena saddaṃ na suṇātī ti.

— Si c'était le cas, Uttara, alors d'après ce que dit le brahmane Pārāsiviya, une personne aveugle aurait des facultés développées et une personne sourde aurait des facultés développées. Car pour sûr une personne aveugle ne voit pas les formes avec les yeux et une personne sourde n'entend pas les sons avec les oreilles.

Evaṃ vutte, uttaro māṇavo pārāsiviyantevāsī tuṇhībhūto maṅkubhūto pattakkhandho adhomukho pajjhāyanto appaṭibhāno nisīdi. Atha kho bhagavā uttaraṃ māṇavaṃ pārāsiviyantevāsiṃ tuṇhībhūtaṃ maṅkubhūtaṃ pattakkhandhaṃ adhomukhaṃ pajjhāyantaṃ appaṭibhānaṃ viditvā āyasmantaṃ ānandaṃ āmantesi:

En entendant cela, le jeune brahmane Uttara disciple de Pārāsiviya resta assis en silence, décontenancé, les épaules tombantes, la tête basse, attristé, perplexe. Le Fortuné, voyant que le jeune brahmane Uttara disciple de Pārāsiviya restait assis en silence, décontenancé, les épaules tombantes, la tête basse, attristé et perplexe, s'adressa au vénérable Ānanda:

— Aññathā kho, ānanda, deseti pārāsiviyo brāhmaṇo sāvakānaṃ indriyabhāvanaṃ, aññathā ca panānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā hotī ti.

— Ānanda, le développement des facultés que le brahmane Pārāsiviya enseigne à ses disciples est une chose, mais le suprême développement des facultés dans la discipline des êtres nobles en est une autre.

— Etassa, bhagavā, kālo; etassa, sugata, kālo yaṃ bhagavā ariyassa vinaye anuttaraṃ indriyabhāvanaṃ deseyya. Bhagavato sutvā bhikkhū dhāressantī’’ti.

— C'est le moment, ô Fortuné. C'est le moment, ô Sublime, que le Fortuné enseigne le suprême développement des facultés dans la discipline des êtres nobles. L'ayant entendu du Fortuné, les bhikkhous le retiendront à l'esprit.

— Tenahānanda, suṇāhi, sādhukaṃ manasi karohi; bhāsissāmī’’ti.

— En ce cas, Ānanda, écoute et fais bien attention. Je vais parler.

— Evaṃ, bhante ti kho āyasmā ānando bhagavato paccassosi. Bhagavā etadavoca:

— Oui, Bhanté, répondit vénérable Ānanda. Le Fortuné dit alors:

Kathañcānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā hoti? Idhānanda, bhikkhuno cakkhunā rūpaṃ disvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, cakkhumā puriso ummīletvā vā nimīleyya, nimīletvā vā ummīleyya, evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā cakkhuviññeyyesu rūpesu.

Et quel est, Ānanda, le suprême développement des facultés dans la discipline des êtres nobles? En cela, Ānanda, en voyant une forme avec l'œil, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, un homme doué d'une bonne vue, en les ayant fermés pourrait les ouvrir, ou bien en les ayant ouverts pourrait les fermer, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux formes connaissables par l'œil.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno sotena saddaṃ sutvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, balavā puriso appakasireneva accharaṃ pahareyya; evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā sotaviññeyyesu saddesu.

De plus, Ānanda, en entendant un son avec l'oreille, ce qui est plaisant, ce qui est déplaisant, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, un homme en bonne santé pourrait aisément claquer des doigts, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux sons connaissables par l'oreille.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno ghānena gandhaṃ ghāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, īsakaṃpoṇe padumapalāse udakaphusitāni pavattanti, na saṇṭhanti; evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā ghānaviññeyyesu gandhesu.

De plus, Ānanda, en sentant une odeur avec le nez, ce qui est plaisant, ce qui est déplaisant, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, des gouttes d'eau glissent sur une feuille de lotus doucement inclinée et n'y restent pas, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux odeurs connaissables par le nez.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno jivhāya rasaṃ sāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, balavā puriso jivhagge kheḷapiṇḍaṃ saṃyūhitvā appakasirena vameyya; evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā jivhāviññeyyesu rasesu.

De plus, Ānanda, en goûtant une saveur avec la langue, ce qui est plaisant, ce qui est déplaisant, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, un homme en bonne santé pourrait aisément cracher une boule de salive rassemblée sur le bout de sa langue, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux saveurs connaissables par la langue.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno kāyena phoṭṭhabbaṃ phusitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, balavā puriso samiñjitaṃ vā bāhaṃ pasāreyya, pasāritaṃ vā bāhaṃ samiñjeyya; evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā kāyaviññeyyesu phoṭṭhabbesu.

De plus, Ānanda, en touchant une sensation corporelle avec le corps, ce qui est plaisant, ce qui est déplaisant, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, un homme en bonne santé pourrait facilement étendre son bras fléchi ou fléchir son bras étendu, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux sensations corporelles connaissables par le corps.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno manasā dhammaṃ viññāya uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So evaṃ pajānāti: ‘uppannaṃ kho me idaṃ manāpaṃ, uppannaṃ amanāpaṃ, uppannaṃ manāpāmanāpaṃ. Tañca kho saṅkhataṃ oḷārikaṃ paṭiccasamuppannaṃ. Etaṃ santaṃ etaṃ paṇītaṃ yadidaṃ: upekkhā’ti. Tassa taṃ uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati; upekkhā saṇṭhāti. Seyyathāpi, ānanda, balavā puriso divasaṃsantatte ayokaṭāhe dve vā tīṇi vā udakaphusitāni nipāteyya. Dandho, ānanda, udakaphusitānaṃ nipāto, atha kho naṃ khippameva parikkhayaṃ pariyādānaṃ gaccheyya; evameva kho, ānanda, yassa kassaci evaṃsīghaṃ evaṃtuvaṭaṃ evaṃappakasirena uppannaṃ manāpaṃ uppannaṃ amanāpaṃ uppannaṃ manāpāmanāpaṃ nirujjhati, upekkhā saṇṭhāti. Ayaṃ vuccatānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā manoviññeyyesu dhammesu. Evaṃ kho, ānanda, ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā hoti.

De plus, Ānanda, en prenant connaissance d'un phénomène mental avec l'esprit, ce qui est plaisant, ce qui est déplaisant, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il comprend: 'Ce qui est plaisant est apparu, ce qui est déplaisant est apparu, ou ce qui est plaisant et déplaisant est apparu en moi. Et cela est conditionné, grossier, apparu de manière dépendante. Mais ceci est paisible, ceci est superbe: l'équanimité.' Avec cela, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Tout comme, Ānanda, si un homme en bonne santé laissait tomber deux ou trois gouttes d'eau sur une poêle en fer chauffée pendant toute la journée, la chute des gouttes d'eau serait peut-être lente, mais elles s'évaporeraient vite et disparaîtraient, de la même manière, quel que soit ce dont il s'agit, tout aussi vite, tout aussi rapidement, tout aussi aisément, la chose plaisante qui était apparue, la chose déplaisante qui était apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui était apparue cesse, et l'équanimité s'installe. Voici, Ānanda, ce qu'on appelle dans la discipline des êtres nobles le suprême développement des facultés par rapport aux phénomènes mentaux connaissables par l'esprit.

Kathañcānanda, sekho hoti pāṭipado? Idhānanda, bhikkhuno cakkhunā rūpaṃ disvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati.

Et comment, Ānanda, est-on une personne en entraînement, quelqu'un qui suit la voie? En cela, Ānanda, en voyant une forme avec les yeux, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue.

Sotena saddaṃ sutvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati.

En entendant un son avec l'oreille, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue.

Ghānena gandhaṃ ghāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati.

En sentant une odeur avec le nez, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue.

Jivhāya rasaṃ sāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati.

En goûtant une saveur avec la langue, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue.

Kāyena phoṭṭhabbaṃ phusitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati.

En touchant une sensation corporelle avec le corps, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue.

Manasā dhammaṃ viññāya uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So tena uppannena manāpena uppannena amanāpena uppannena manāpāmanāpena aṭṭīyati harāyati jigucchati. Evaṃ kho, ānanda, sekho hoti pāṭipado.

En prenant connaissance d'un phénomène mental avec l'esprit, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. Il se sent contrarié, humilié, et dégoûté par la chose plaisante qui est apparue, la chose déplaisante qui est apparue, ou la chose plaisante et déplaisante qui est apparue. Voici, Ānanda, comment on est une personne en entraînement, quelqu'un qui suit la voie.

Kathañcānanda, ariyo hoti bhāvitindriyo? Idhānanda, bhikkhuno cakkhunā rūpaṃ disvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayaṃ abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno.

Et comment, Ānanda, est-on un être noble avec des facultés développées? En cela, Ānanda, en voyant une forme avec les yeux, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît chez un bhikkhou. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant.{1} S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno sotena saddaṃ sutvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayampmppi abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno.

De plus, Ānanda, en entendant un son avec l'oreille, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno ghānena gandhaṃ ghāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayampmppi abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno.

De plus, Ānanda, en sentant une odeur avec le nez, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno jivhāya rasaṃ sāyitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayampmppi abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno.

De plus, Ānanda, en goûtant une saveur avec la langue, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno kāyena phoṭṭhabbaṃ phusitvā uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayampmppi abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno.

De plus, Ānanda, en touchant une sensation corporelle avec le corps, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif.

Puna caparaṃ, ānanda, bhikkhuno manasā dhammaṃ viññāya uppajjati manāpaṃ, uppajjati amanāpaṃ, uppajjati manāpāmanāpaṃ. So sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūle ca appaṭikūle ca appaṭikūlasaññī vihareyya’nti, appaṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘appaṭikūle ca paṭikūle ca paṭikūlasaññī vihareyya’nti, paṭikūlasaññī tattha viharati. Sace ākaṅkhati: ‘paṭikūlañca appaṭikūlañca tadubhayampmppi abhinivajjetvā upekkhako vihareyyaṃ sato sampajāno’ti, upekkhako tattha viharati sato sampajāno. Evaṃ kho, ānanda, ariyo hoti bhāvitindriyo.

De plus, Ānanda, en prenant connaissance d'un phénomène mental avec l'esprit, ce qui est plaisant apparaît, ce qui est déplaisant apparaît, ou ce qui est plaisant et déplaisant apparaît. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le non-dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'que je reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant', alors il reste à percevoir le dégoûtant dans ce qui est dégoûtant et dans ce qui est non-dégoûtant. S'il souhaite: 'évitant à la fois le dégoûtant et le non-dégoûtant, que je reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif', alors il reste équanime, présent d'esprit, et doué de discernement attentif. Voici, Ānanda, comment on est un être noble avec des facultés développées.

Iti kho, ānanda, desitā mayā ariyassa vinaye anuttarā indriyabhāvanā, desito sekho pāṭipado, desito ariyo bhāvitindriyo. Yaṃ kho, ānanda, satthārā karaṇīyaṃ sāvakānaṃ hitesinā anukampakena anukampaṃ upādāya, kataṃ vo taṃ mayā. Etāni, ānanda, rukkhamūlāni, etāni suññāgārāni, jhāyathānanda, mā pamādattha, mā pacchā vippaṭisārino ahuvattha. Ayaṃ vo amhākaṃ anusāsanī’’ti.

Ainsi, Ānanda, j'ai enseigné le suprême développement des facultés dans la discipline des êtres nobles, j'ai enseigné comment on est une personne en entraînement, quelqu'un qui suit la voie, j'ai enseigné comment on est un être noble avec des facultés développées. Tout ce qu'un enseignant devrait faire par compassion pour ses disciples, cherchant leur bonheur et par sympathie pour eux, je l'ai fait pour toi. Voici les racines des arbres, voilà des pièces vides. Pratique la méditation, Ānanda, ne sois pas négligent, n'aie pas à le regretter plus tard. Voici mon instruction pour toi.

Idamavoca bhagavā. Attamano āyasmā ānando bhagavato bhāsitaṃ abhinandīti.

Ainsi parla le Fortuné. Satisfait, le vénérable Ānanda se réjouit des paroles du Fortuné.





Bodhi leaf


Traduction proposée par Rémy.

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Publié comme un don du Dhamma,
pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
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Le traducteur n'est pas un expert en Pali, et afin d'éviter toute erreur se réfère à des traductions déjà existantes; il espère néanmoins que les erreurs qui peuvent se glisser dans la traduction ne sont que minimes.


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