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SN 35.88
Puṇṇa Sutta
{extrait}
— Le vénérable Puṇṇa —

Puṇṇa fait preuve d'un grand esprit de tolérance.




...

[Puṇṇa dit au Bouddha:]

Bhanté, il y a une contrée appelée Sunāparanta. Je vais résider là-bas.

— Puṇṇa, les Sunāparantas sont féroces. Ils sont rudes. S'ils t'insultent et t'injurient, que penseras-tu?

— S'ils m'insultent et m'injurient, je penserai: 'Ces Sunāparantas sont civilisés, très civilisés, en ce qu'ils ne me frappent pas avec leurs mains'. Voici ce que je penserai, ô Fortuné. C'est ce que je penserai, ô Sublime.

— Mais s'ils te frappent avec leurs mains, que penseras-tu?

— S'ils me frappent avec leurs mains, je penserai: 'Ces Sunāparantas sont civilisés, très civilisés, en ce qu'ils ne me frappent pas avec une motte [de terre?]'...

— Mais s'ils te frappent avec une motte, que penseras-tu?

— S'ils me frappent avec une motte, je penserai: 'Ces Sunāparantas sont civilisés, très civilisés, en ce qu'ils ne me frappent pas avec un bâton'...

— Mais s'ils te frappent avec un bâton, que penseras-tu?

— S'ils me frappent avec un bâton, je penserai: 'Ces Sunāparantas sont civilisés, très civilisés, en ce qu'ils ne me frappent pas avec un couteau'...

— Mais s'ils te frappent avec un couteau, que penseras-tu?

— S'ils me frappent avec un couteau, je penserai: 'Ces Sunāparantas sont civilisés, très civilisés, en ce qu'ils ne m'ôtent pas la vie avec un couteau aiguisé'...

— Mais s'ils t'ôtent la vie avec un couteau aiguisé, que penseras-tu?

— S'ils m'ôtent la vie avec un couteau aiguisé, je penserai: 'Il y a des disciples du Fortuné qui, horrifiés, humiliés et dégoûtés par le corps et par la vie, ont recherché un assassin,{1} mais j'ai trouvé un assassin sans le rechercher. Voici ce que je penserai, ô Fortuné. C'est ce que je penserai, ô Sublime.

Sādhu sādhu, Puṇṇa. Puisque tu es en possession d'un tel calme et d'un tel contrôle de toi, tu es capable de résider parmi les Sunāparantas. Maintenant, il temps que tu fasses ce que tu penses être approprié.

Alors le vénérable Puṇṇa, se réjouissant des paroles du Fortuné, se leva de son siège, lui rendit hommage et s'en alla, en le gardant de son côté droit. Il rangea son logement, prit ses robes et son bol et s'en alla vers le pays Sunāparanta. Après s'être déplacé étapes par étapes, il y parvint. Il y résida. Au cours de la mousson, il établit cinq cent disciples laïcs masculins et cinq cent disciples laïcs féminins dans la pratique, il réalisa lui-même les trois connaissances,{2} et atteignit Parinibbāna.

Plus tard, un certain nombre de bhikkhous vint voir le Fortuné, et à son arrivée, lui ayant rendu hommage, s'assit d'un côté. Alors qu'ils étaient assis là, ils lui dirent:

Bhanté, Puṇṇa l'homme de clan, que le Fortuné a instruit brièvement, est mort. Quelle est sa destination? Quel est son état futur?

Bhikkhous, Puṇṇa l'homme de clan était sage. Il pratiquait en accord avec le Dhamma et ne me dérangeait pas avec des problèmes sur le Dhamma. Puṇṇa l'homme de clan a atteint Parinibbāna.





Bodhi leaf



Notes

1. ont recherché un assassin: un groupe de disciples, dégoûtés par l'existence matérielle, avait cherché une personne à même de leur ôter la vie .

2. trois connaissances: connaissance des vies passées, connaissance de l'apparition et la régénération des êtres, connaissance de l'élimination complète des impureté (arahatta).



Traduction proposée par Rémy,
sur la base du travail effectué par Thanissaro Bhikkhu
et Connected Discourses of the Buddha de Bhikkhu Bodhi.

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