SN 51.15
Uṇṇābhabrāhmaṇa Sutta
— La question du brahmane Ounnabha —

Le brahmane Ounnabha demande à Ananda quel est le but de la vie brahmique enseignée par le Bouddha. La conversation dérive ensuite sur la possibilité d'utiliser le désir pour mettre fin au désir.




Pāḷi



evaṃ me sutaṃ:

Français



Ainsi ai-je entendu:

ekaṃ samayaṃ āyasmā ānando kosambiyaṃ viharati ghositārāme. atha kho uṇṇābho brāhmaṇo yenāyasmā ānando tenupasaṅkami; upasaṅkamitvā āyasmatā ānandena saddhiṃ sammodi. sammodanīyaṃ kathaṃ sāraṇīyaṃ vītisāretvā ekamantaṃ nisīdi. ekamantaṃ nisinno kho uṇṇābho brāhmaṇo āyasmantaṃ ānandaṃ etadavoca:

Un jour, le vénérable Ananda séjournait près de Kossambi, dans le parc de Ghosita. En ce jour-là, le brahmane Ounnabha alla voir le vénérable Ananda et échangea des courtoisies avec lui. Après cet échange de courtoisies et de salutations amicales, il s'assit d'un côté. Une fois assis là, il dit au vénérable Ananda:

— “kimatthiyaṃ nu kho, bho ānanda, samaṇe gotame brahmacariyaṃ vussatī”ti?

— Dans quel but, Sieur Ananda, la vie brahmique est-elle vécue sous [l'autorité du] renonçant Gotama?

— “chandappahānatthaṃ kho, brāhmaṇa, bhagavati brahmacariyaṃ vussatī”ti.

— C'est dans le but d'abandonner le désir, brahmane, que la vie brahmique est vécue sous [l'autorité du] renonçant Gotama.

— “atthi pana, bho ānanda, maggo atthi paṭipadā etassa chandassa pahānāyā”ti?

— Mais y a-t-il une voie, Sieur Ananda, y a-t-il un sentier pour l'abandon de ce désir?

— “atthi kho, brāhmaṇa, maggo atthi paṭipadā etassa chandassa pahānāyā”ti.

— Il y a, brahmane, une voie, il y a un sentier pour l'abandon de ce désir.

— “katamo pana, bho ānanda, maggo katamā paṭipadā etassa chandassa pahānāyā”ti?

— Et quelle est, Sieur Ananda, la voie, quel est le sentier pour l'abandon de ce désir?

— “idha, brāhmaṇa, bhikkhu chanda·samādhi-ppadhāna·saṅkhāra-samannāgataṃ iddhipādaṃ bhāveti, vīriya·samādhi-ppadhāna·saṅkhāra-samannāgataṃ iddhipādaṃ bhāveti, citta·samādhi-ppadhāna·saṅkhāra-samannāgataṃ iddhipādaṃ bhāveti, vīmaṃsā·samādhi-ppadhāna·saṅkhāra-samannāgataṃ iddhipādaṃ bhāveti. ayaṃ kho, brāhmaṇa, maggo ayaṃ paṭipadā etassa chandassa pahānāyā”ti.

— En cela, brahmane, un mendiant développe le chemin du pouvoir psychique pourvu de concentration due au désir et aux constructions d'effort, il développe le chemin du pouvoir psychique pourvu de concentration due à l'énergie et aux constructions d'effort, il développe le chemin du pouvoir psychique pourvu de concentration due à l'esprit et aux constructions d'effort, il développe le chemin du pouvoir psychique pourvu de concentration due à l'investigation et aux constructions d'effort.{n} Voici, brahmane, quelle est la voie, voici quel est le sentier pour l'abandon de ce désir.

— “evaṃ sante, bho ānanda, anantakaṃ hoti no santakaṃ. chandeneva chandaṃ pajahissatīti, netaṃ ṭhānaṃ vijjati”.

— S'il en est ainsi, Sieur Ananda, alors c'est sans fin, cela n'a pas de fin. Il est impossible d'abandonner le désir au moyen du désir.

— “tena hi, brāhmaṇa, taññevettha paṭipucchissāmi. yathā te khameyya tathā taṃ byākareyyāsi. taṃ kiṃ maññasi, brāhmaṇa, ahosi te pubbe chando ‘ārāmaṃ gamissāmī’ti? tassa te ārāmagatassa yo tajjo chando so paṭippassaddho”ti?

— Pour cela, brahmane, je vais vous questionner en retour. Répondez comme bon vous semble. Qu'en pensez-vous: avez-vous eu auparavant le désir de vous rendre au monastère? Et lorsque vous êtes arrivé au monastère, ce désir n'a-t-il pas disparu?

— “evaṃ, bho”.

— En effet, Sieur.

— “ahosi te pubbe vīriyaṃ ‘ārāmaṃ gamissāmī’ti? tassa te ārāmagatassa yaṃ tajjaṃ vīriyaṃ taṃ paṭippassaddhan”ti?

— Avez-vous eu auparavant l'énergie pour vous rendre au monastère? Et lorsque vous êtes arrivé au monastère, cette énergie n'a-t-elle pas disparu?

— “evaṃ, bho”.

— En effet, Sieur.

— “ahosi te pubbe cittaṃ ‘ārāmaṃ gamissāmī’ti? tassa te ārāmagatassa yaṃ tajjaṃ cittaṃ taṃ paṭippassaddhan”ti?

— Avez-vous eu auparavant l'[état d']esprit pour vous rendre au monastère? Et lorsque vous êtes arrivé au monastère, cet [état d']esprit n'a-t-il pas disparu?

— “evaṃ, bho”.

— En effet, Sieur.

— “ahosi te pubbe vīmaṃsā ‘ārāmaṃ gamissāmī’ti? tassa te ārāmagatassa yā tajjā vīmaṃsā sā paṭippassaddhā”ti?

— Avez-vous fait auparavant une investigation [du chemin] pour vous rendre au monastère? Et lorsque vous êtes arrivé au monastère, cette investigation n'a-t-elle pas disparu?

— “evaṃ, bho”.

— En effet, Sieur.

— “evameva kho, brāhmaṇa, yo so bhikkhu arahaṃ khīṇāsavo vusitavā katakaraṇīyo ohitabhāro anuppattasadattho parikkhīṇabhavasaṃyojano sammadaññā vimutto, tassa yo pubbe chando ahosi arahattappattiyā, arahattappatte yo tajjo chando so paṭippassaddho; yaṃ pubbe vīriyaṃ ahosi arahattappattiyā, arahattappatte yaṃ tajjaṃ vīriyaṃ taṃ paṭippassaddhaṃ; yaṃ pubbe cittaṃ ahosi arahattappattiyā, arahattappatte yaṃ tajjaṃ cittaṃ taṃ paṭippassaddhaṃ; yā pubbe vīmaṃsā ahosi arahattappattiyā, arahattappatte yā tajjā vīmaṃsā sā paṭippassaddhā. taṃ kiṃ maññasi, brāhmaṇa, iti evaṃ sante, santakaṃ vā hoti no asantakaṃ vā”ti?

— De la même manière, brahmane, chez un mendiant qui est un arahant, qui a complètement éliminé les impuretés mentales, qui est accompli, qui a fait ce qui devait l'être, qui a déposé le fardeau, qui a atteint l'objectif, qui a complètement épuisé les entraves spirituelles de l'existence, et qui est délivré par compréhension correcte, le désir qu'il a eu auparavant de devenir un arahant a disparu lorsqu'il est devenu un arahant; l'énergie qu'il a eu auparavant pour devenir un arahant a disparu lorsqu'il est devenu un arahant; l'[état d']esprit qu'il a eu auparavant pour devenir un arahant a disparu lorsqu'il est devenu un arahant; l'investigation [du chemin] qu'il a menée auparavant pour devenir un arahant a disparu lorsqu'il est devenu un arahant. Qu'en pensez-vous, brahmane, puisqu'il en est ainsi, est-ce que cela a une fin, ou est-ce que cela est sans fin?

— “addhā, bho ānanda, evaṃ sante, santakaṃ hoti no asantakaṃ. abhikkantaṃ, bho ānanda, abhikkantaṃ, bho ānanda! seyyathāpi, bho ānanda, nikkujjitaṃ vā ukkujjeyya, paṭicchannaṃ vā vivareyya, mūḷhassa vā maggaṃ ācikkheyya, andhakāre vā telapajjotaṃ dhāreyya cakkhumanto rūpāni dakkhantīti; evamevaṃ bhotā ānandena anekapariyāyena dhammo pakāsito. esāhaṃ, bho ānanda, taṃ bhavantaṃ gotamaṃ saraṇaṃ gacchāmi dhammañca bhikkhusaṅghañca. upāsakaṃ maṃ bhavaṃ ānando dhāretu ajjatagge pāṇupetaṃ saraṇaṃ gatan”ti.

— Certainement, Sieur Ananda, s'il en est ainsi, cela a une fin, ce n'est pas sans fin. C'est excellent, Sieur Ananda, excellent! Tout comme on redresserait ce qui était renversé, ou bien on révélerait ce qui était caché, ou bien on montrerait le chemin à quelqu'un qui se serait perdu, ou bien on allumerait une lampe dans l'obscurité [en pensant:] 'Ceux qui possèdent une bonne vue verront les formes', de la même manière le Sieur Ananda a expliqué le Dhamma de diverses façons. Je vais en refuge au vénérable Gotama, ainsi qu'au Dhamma et à la Communauté des mendiants. Que le vénérable Ananda me retienne à l'esprit en tant que disciple laïc étant allé en refuge à compter d'aujourd'hui et pour la vie.





Bodhi leaf


Traduction proposée par Bhikkhu Sekha.

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Publié comme un don du Dhamma,
pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
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Le traducteur n'est pas un expert en Pali, et afin d'éviter toute erreur se réfère à des traductions déjà existantes; il espère néanmoins que les erreurs qui peuvent se glisser dans la traduction ne sont que minimes.



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