AN 6.20
Maraṇassati Sutta
— La remémoration de la mort —
[ maraṇa: mort | sati: présence d'esprit, remémoration ]

Comment pratiquer la remémoration de la mort afin qu'elle mène au sans-mort.




Pāḷi



ekaṃ samayaṃ bhagavā nātike viharati giñjakāvasathe. tatra kho bhagavā bhikkhū āmantesi:

Français



En une occasion, le Fortuné séjournait à Natika, dans la bâtisse en briques. En cette occasion-là, il s'adressa aux bhikkhous:

— “maraṇassati, bhikkhave, bhāvitā bahulīkatā mahapphalā hoti mahānisaṃsā amatogadhā amatapariyosānā. kathaṃ bhāvitā ca, bhikkhave, maraṇassati kathaṃ bahulīkatā mahapphalā hoti mahānisaṃsā amatogadhā amatapariyosānā?

— La remémoration de la mort, bhikkhous, lorsqu'elle est développée et pratiquée fréquemment, porte d'excellents fruits, elle apporte de grands bienfaits, elle mène au sans-mort, elle atteint sa perfection dans le sans-mort. Et comment, bhikkhous, la remémoration de la mort est-elle développée et pratiquée fréquemment de telle manière qu'elle porte d'excellents fruits, qu'elle apporte de grands bienfaits, qu'elle mène au sans-mort, qu'elle atteigne sa perfection dans le sans-mort?

idha, bhikkhave, bhikkhu divase nikkhante rattiyā patihitāya iti paṭisañcikkhati: ‘bahukā kho me paccayā maraṇassa: ahi vā maṃ ḍaṃseyya, vicchiko vā maṃ ḍaṃseyya, satapadī vā maṃ ḍaṃseyya; tena me assa kālakiriyā. so mama assa antarāyo. upakkhalitvā vā papateyyaṃ, bhattaṃ vā me bhuttaṃ byāpajjeyya, pittaṃ vā me kuppeyya, semhaṃ vā me kuppeyya, satthakā vā me vātā kuppeyyuṃ, manussā vā maṃ upakkameyyuṃ, amanussā vā maṃ upakkameyyuṃ; tena me assa kālakiriyā. so mama assa antarāyo’ti. tena, bhikkhave, bhikkhunā iti paṭisañcikkhitabbaṃ: ‘atthi nu kho me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu rattiṃ kālaṃ karontassa antarāyāyā’”ti.

En cela, lorsque le jour touche à sa fin et que la nuit s'installe, un bhikkhou considère ceci: 'Les causes [potentielles] de ma mort sont nombreuses: un serpent pourrait me mordre, un scorpion pourrait me piquer, un scolopendre pourrait me piquer, et c'est ainsi que surviendrait mon décès, ce qui serait un risque pour moi. Je pourrais trébucher et tomber, ou bien ce que j'ai mangé pourrait me rendre malade, ma bile pourrait s'agiter en moi, mon flegme pourrait s'agiter en moi, ou bien des vents perçants pourraient s'agiter en moi, ou alors des êtres humains pourraient m'attaquer, ou bien des êtres non-humains pourraient m'attaquer, et c'est ainsi que surviendrait mon décès, ce qui serait un risque pour moi.' Ce bhikkhou devrait ensuite considérer: 'Est-ce qu'il y a en moi des états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui pourraient constituer un risque pour moi si je mourrais pendant cette nuit?'

“sace, bhikkhave, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘atthi me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu rattiṃ kālaṃ karontassa antarāyāyā’ti, tena, bhikkhave, bhikkhunā tesaṃyeva pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ pahānāya adhimatto chando ca vāyāmo ca ussāho ca ussoḷhī ca appaṭivānī ca sati ca sampajaññañca karaṇīyaṃ.

Si en s'auto-examinant le bhikkhou comprend: 'Il y a en moi des états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui pourraient constituer un risque pour moi si je mourrais pendant cette nuit', alors ce bhikkhou devrait générer un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour l'abandon de ces états mentaux mauvais et désavantageux.

“seyyathāpi, bhikkhave, ādittacelo vā ādittasīso vā tasseva celassa vā sīsassa vā nibbāpanāya adhimattaṃ chandañca vāyāmañca ussāhañca ussoḷhiñca appaṭivāniñca satiñca sampajaññañca kareyya; evamevaṃ kho, bhikkhave, tena bhikkhunā tesaṃyeva pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ pahānāya adhimatto chando ca vāyāmo ca ussāho ca ussoḷhī ca appaṭivānī ca sati ca sampajaññañca karaṇīyaṃ.

Tout comme, bhikkhous, une personne dont les vêtements ou la tête seraient en feu générerait un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour éteindre ses vêtements ou sa tête, de la même manière, ce bhikkhou devrait générer un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour l'abandon de ces états mentaux mauvais et désavantageux.

“sace pana, bhikkhave, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘natthi me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu rattiṃ kālaṃ karontassa antarāyāyā’ti, tena, bhikkhave, bhikkhunā teneva pītipāmojjena vihāratabbaṃ ahorattānusikkhinā kusalesu dhammesu.

Mais si en s'auto-examinant le bhikkhou comprend: 'Il n'y a pas en moi d'états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui puissent être un risque pour moi si je mourrais pendant cette nuit', alors ce bhikkhou devrait rester avec cette exaltation et cette joie sereine à s'entraîner jour et nuit dans les états mentaux avantageux.

“idha pana, bhikkhave, bhikkhu rattiyā nikkhantāya divase patihite iti paṭisañcikkhati: ‘bahukā kho me paccayā maraṇassa: ahi vā maṃ ḍaṃseyya, vicchiko vā maṃ ḍaṃseyya, satapadī vā maṃ ḍaṃseyya; tena me assa kālakiriyā. so mama assa antarāyo. upakkhalitvā vā papateyyaṃ, bhattaṃ vā me bhuttaṃ byāpajjeyya, pittaṃ vā me kuppeyya, semhaṃ vā me kuppeyya, satthakā vā me vātā kuppeyyuṃ; tena me assa kālakiriyā. so mama assa antarāyo’ti. tena, bhikkhave, bhikkhunā iti paṭisañcikkhitabbaṃ: ‘atthi nu kho me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu divā kālaṃ karontassa antarāyāyā’”ti.

De plus, bhikkhous, lorsque la nuit touche à sa fin et que le jour s'installe, un bhikkhou considère ceci: 'Les causes [potentielles] de ma mort sont nombreuses: un serpent pourrait me mordre, un scorpion pourrait me piquer, un scolopendre pourrait me piquer, et c'est ainsi que surviendrait mon décès, ce qui serait un risque pour moi. Je pourrais trébucher et tomber, ou bien ce que j'ai mangé pourrait me rendre malade, ma bile pourrait s'agiter en moi, mon flegme pourrait s'agiter en moi, ou bien des vents perçants pourraient s'agiter en moi, et c'est ainsi que surviendrait mon décès, ce qui serait un risque pour moi.' Ce bhikkhou devrait ensuite considérer: 'Est-ce qu'il y a en moi des états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui pourraient constituer un risque pour moi si je mourrais pendant cette journée?'

“sace, bhikkhave, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘atthi me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu divā kālaṃ karontassa antarāyāyā’ti, tena, bhikkhave, bhikkhunā tesaṃyeva pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ pahānāya adhimatto chando ca vāyāmo ca ussāho ca ussoḷhī ca appaṭivānī ca sati ca sampajaññañca karaṇīyaṃ.

Si en s'auto-examinant le bhikkhou comprend: 'Il y a en moi des états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui pourraient constituer un risque pour moi si je mourrais pendant cette journée', alors ce bhikkhou devrait générer un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour l'abandon de ces états mentaux mauvais et désavantageux.

“seyyathāpi, bhikkhave, ādittacelo vā ādittasīso vā tasseva celassa vā sīsassa vā nibbāpanāya adhimattaṃ chandañca vāyāmañca ussāhañca ussoḷhiñca appaṭivāniñca satiñca sampajaññañca kareyya; evamevaṃ kho, bhikkhave, tena bhikkhunā tesaṃyeva pāpakānaṃ akusalānaṃ dhammānaṃ pahānāya adhimatto chando ca vāyāmo ca ussāho ca ussoḷhī ca appaṭivānī ca sati ca sampajaññañca karaṇīyaṃ.

Tout comme, bhikkhous, une personne dont les vêtements ou la tête seraient en feu générerait un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour éteindre ses vêtements ou sa tête, de la même manière, ce bhikkhou devrait générer un désir, un effort, un dynamisme, une résolution, un zèle, une présence d'esprit et un discernement attentif hors du commun pour l'abandon de ces états mentaux mauvais et désavantageux.

“sace pana, bhikkhave, bhikkhu paccavekkhamāno evaṃ jānāti: ‘natthi me pāpakā akusalā dhammā appahīnā ye me assu divā kālaṃ karontassa antarāyāyā’ti, tena, bhikkhave, bhikkhunā teneva pītipāmojjena vihāratabbaṃ ahorattānusikkhinā kusalesu dhammesu.

Mais si en s'auto-examinant le bhikkhou comprend: 'Il n'y a pas en moi d'états mentaux mauvais et désavantageux non abandonnés, qui puissent être un risque pour moi si je mourrais pendant cette journée', alors ce bhikkhou devrait rester avec cette exaltation et cette joie sereine à s'entraîner jour et nuit dans les états mentaux avantageux.

evaṃ bhāvitā kho, bhikkhave, maraṇassati evaṃ bahulīkatā mahapphalā hoti mahānisaṃsā amatogadhā amatapariyosānā”ti.

La remémoration de la mort, bhikkhous, lorsqu'elle est ainsi développée et ainsi pratiquée fréquemment, porte d'excellents fruits, elle apporte de grands bienfaits, elle mène au sans-mort, elle atteint sa perfection dans le sans-mort.





Bodhi leaf


Traduction proposée par Rémy.

———oOo———
Publié comme un don du Dhamma,
pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
---

Le traducteur n'est pas un expert en Pali, et afin d'éviter toute erreur se réfère à des traductions déjà existantes; il espère néanmoins que les erreurs qui peuvent se glisser dans la traduction ne sont que minimes.



Creative Commons License
Ce travail est sous une License Internationale Creative Commons 4.0
avec Attribution, Usage non-commercial et Partage sous mêmes conditions
.