AN 4.193
Bhaddiya Sutta
— Discours à Bhaddiya —

Certains disent que le Bouddha est un magicien qui utilise un sortilège pour convertir les gens et les convaincre de devenir ses disciples. Celui-ci explique à Bhaddiya qu'il n'en est rien et que la seule conversion qui l'intéresse est celle qui consiste à abandonner ce qui est désavantageux pour soi-même et entreprendre ce qui est avantageux pour soi-même.




Pāḷi



ekaṃ samayaṃ bhagavā vesāliyaṃ viharati mahāvane kūṭāgārasālāyaṃ. atha kho bhaddiyo licchavi yena bhagavā tenupasaṅkami; upasaṅkamitvā bhagavantaṃ abhivādetvā ekamantaṃ nisīdi. ekamantaṃ nisinno kho bhaddiyo licchavi bhagavantaṃ etadavoca:

Français



En une occasion, le Fortuné séjournait près de Vessali, dans le grand bois, dans la salle [couverte d'un] toit pointu. En cette occasion-là, Bhaddiya le Licchavi alla voir le Fortuné, lui rendit hommage, puis s'assit d'un côté. Une fois assis là, il dit au Fortuné:

— “sutaṃ metaṃ, bhante: ‘māyāvī samaṇo gotamo āvaṭṭaniṃ māyaṃ jānāti yāya aññatitthiyānaṃ sāvake āvaṭṭetī’ti. ye te, bhante, evamāhaṃsu (...), kacci te, bhante, bhagavato vuttavādino, na ca bhagavantaṃ abhūtena abbhācikkhanti, dhammassa ca anudhammaṃ byākaronti, na ca koci sahadhammiko vādānupāto gārayhaṃ ṭhānaṃ āgacchati, anabbhakkhātukāmā hi mayaṃ, bhante, bhagavantan”ti?

— Bhanté, j'ai entendu dire ceci: 'Le renonçant Gotama est un magicien qui connaît une magie qui convertit à l'aide de laquelle il convertit les disciples hétérodoxes.' Bhanté, est-ce que ceux qui déclarent cela disent ce qui a été dit par le Fortuné et évitent de le représenter faussement avec ce qui est incorrect? Est-ce qu'ils expliquent le Dhamma tel qu'il est, sans s'exposer à la critique de leurs pairs ni s'engager dans ce qui est matière à reproches? Je ne voudrais pas représenter faussement le Fortuné.

— “etha tumhe, bhaddiya, mā anussavena, mā paramparāya, mā itikirāya, mā piṭakasampadānena, mā takkahetu, mā nayahetu, mā ākāraparivitakkena, mā diṭṭhinijjhānakkhantiyā, mā bhabbarūpatāya, mā ‘samaṇo no garū’ti. yadā tumhe, bhaddiya, attanāva jāneyyātha: ‘ime dhammā akusalā, ime dhammā sāvajjā, ime dhammā viññugarahitā, ime dhammā samattā samādinnā ahitāya dukkhāya saṃvattantī’ti, atha tumhe, bhaddiya, pajaheyyātha.

— Bhaddiya, ne te fie ni à ce que tu as entendu, ni à la tradition, ni à ce qui est communément admis, ni à ce qui est transmis dans des textes, ni aux raisonnements, ni aux inférences, ni à la réflexion profonde, ni à l'acceptation d'une opinion après l'avoir méditée, ni à ce qui semble possible,{1} ni à [la pensée:] 'Ce renonçant est notre enseignant'. Bhaddiya, ce dont tu sais par toi-même être des choses désavantageuses, des choses répréhensibles, des choses condamnées par les sages, des choses qui, lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, portent préjudice et mènent au mal-être, tu devrais les abandonner.

“taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, lobho purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque l'avidité apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'elle apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “ahitāya, bhante”.

— À son préjudice, Bhanté.

— “luddho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo lobhena abhibhūto pariyādinnacitto pāṇampi hanati, adinnampi ādiyati, paradārampi gacchati, musāpi bhaṇati, parampi tathattāya samādapeti yaṃsa hoti dīgharattaṃ ahitāya dukkhāyā”ti.

— Un homme avide, Bhaddiya, dont l'esprit est envahi et subjugué par l'avidité, tue des êtres vivants, se saisit de ce qui n'a pas été donné, va à la femme d'un autre, dit des mensonges et incite les autres à en faire autant, ce qui lui portera préjudice et mènera à son mal-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, doso purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque la haine apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'elle apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “ahitāya, bhante”.

— À son préjudice, Bhanté.

— “duṭṭho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo dosena abhibhūto pariyādinnacitto pāṇampi hanati, adinnampi ādiyati, paradārampi gacchati, musāpi bhaṇati, parampi tathattāya samādapeti, yaṃ sa hoti dīgharattaṃ ahitāya dukkhāyā”ti.

— Un homme haineux, Bhaddiya, dont l'esprit est envahi et subjugué par la haine, tue des êtres vivants, se saisit de ce qui n'a pas été donné, va à la femme d'un autre, dit des mensonges et incite les autres à en faire autant, ce qui lui portera préjudice et mènera à son mal-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, moho purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque l'illusionnement apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'il apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “ahitāya, bhante”.

— À son préjudice, Bhanté.

— “mūḷho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo mohena abhibhūto pariyādinnacitto pāṇampi hanati, adinnampi ādiyati, paradārampi gacchati, musāpi bhaṇati, parampi tathattāya samādapeti, yaṃ sa hoti dīgharattaṃ ahitāya dukkhāyā”ti.

— Un homme illusionné, Bhaddiya, dont l'esprit est envahi et subjugué par l'illusionnement, tue des êtres vivants, se saisit de ce qui n'a pas été donné, va à la femme d'un autre, dit des mensonges et incite les autres à en faire autant, ce qui lui portera préjudice et mènera à son mal-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, ime dhammā kusalā vā akusalā vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, est-ce que ces choses sont avantageuses ou désavantageuses?

— “akusalā, bhante”.

— Désavantageuses, Bhanté.

— “sāvajjā vā anavajjā vā”ti?

— Répréhensibles ou irréprochable?

— “sāvajjā, bhante”.

— Répréhensibles, Bhanté.

— “viññugarahitā vā viññuppasatthā vā”ti?

— Condamnées par les sages ou recommandées par les sages?

— “viññugarahitā, bhante”.

— Condamnées par les sages, Bhanté.

— “samattā samādinnā ahitāya dukkhāya saṃvattanti, no vā? kathaṃ vā ettha hotī”ti?

— Lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, est-ce qu'elles portent préjudice et mènent au mal-être, ou pas? Qu'est-ce que tu en penses?

— “samattā, bhante, samādinnā ahitāya dukkhāya saṃvattantīti. evaṃ no ettha hotī”ti.

— Lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, Bhanté, elles portent préjudice et mènent au mal-être. C'est ce que j'en pense.

— “iti kho, bhaddiya, yaṃ taṃ avocumhā: ‘etha tumhe, bhaddiya! mā anussavena, mā paramparāya, mā itikirāya, mā piṭakasampadānena, mā takkahetu, mā nayahetu, mā ākāraparivitakkena, mā diṭṭhinijjhānakkhantiyā, mā bhabbarūpatāya, mā samaṇo no garūti. yadā tumhe bhaddiya attanāva jāneyyātha: ‘ime dhammā akusalā, ime dhammā sāvajjā, ime dhammā viññugarahitā, ime dhammā samattā samādinnā ahitāya dukkhāya saṃvattantīti, atha tumhe, bhaddiya, pajaheyyāthā’ti, iti yaṃ taṃ vuttaṃ, idametaṃ paṭicca vuttaṃ.

— Voici, Bhaddiya, ce en rapport à quoi j'ai dit: 'Bhaddiya, ne te fie ni à ce que tu as entendu, ni à la tradition, ni à ce qui est communément admis, ni à ce qui est transmis dans des textes, ni aux raisonnements, ni aux inférences, ni à la réflexion profonde, ni à l'acceptation d'une opinion après l'avoir méditée, ni à ce qui semble possible, ni à [la pensée:] "Ce renonçant est notre enseignant". Bhaddiya, ce dont tu sais par toi-même être des choses désavantageuses, des choses répréhensibles, des choses condamnées par les sages, des choses qui, lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, portent préjudice et mènent au mal-être, tu devrais l'abandonner.'

“etha tumhe, bhaddiya, mā anussavena, mā paramparāya, mā itikirāya, mā piṭakasampadānena, mā takkahetu, mā nayahetu, mā ākāraparivitakkena, mā diṭṭhinijjhānakkhantiyā, mā bhabbarūpatāya, mā samaṇo no garūti. yadā tumhe, bhaddiya, attanāva jāneyyātha: ‘ime dhammā kusalā, ime dhammā anavajjā, ime dhammā viññuppasatthā, ime dhammā samattā samādinnā hitāya sukhāya saṃvattantī’ti, atha tumhe, bhaddiya, upasampajja vihareyyātha.

Bhaddiya, ne te fie ni à ce que tu as entendu, ni à la tradition, ni à ce qui est communément admis, ni à ce qui est transmis dans des textes, ni aux raisonnements, ni aux inférences, ni à la réflexion profonde, ni à l'acceptation d'une opinion après l'avoir méditée, ni à ce qui semble possible, ni à [la pensée:] 'Ce renonçant est notre enseignant'. Bhaddiya, ce dont tu sais par toi-même être des choses avantageuses, des choses irréprochables, des choses recommandées par les sages, des choses qui, lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, sont à ton avantage et mènent au bien-être, tu devrais les entreprendre et vivre en accord avec elles.

“taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, alobho purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque l'absence d'avidité apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'elle apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “hitāya, bhante”.

— À son avantage, Bhanté.

— “aluddho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo lobhena anabhibhūto apariyādinnacitto neva pāṇaṃ hanati, na adinnaṃ ādiyati, na paradāraṃ gacchati, na musā bhaṇati, na parampi tathattāya samādapeti, yaṃ sa hoti dīgharattaṃ hitāya sukhāyā”ti.

— Un homme non avide, Bhaddiya, qui n'est pas possédé par l'avidité, son esprit n'étant pas sous son emprise, ne tue pas d'êtres vivants, ne se saisit pas de ce qui n'a pas été donné, ne va pas à la femme d'un autre, ne dit pas de mensonges et n'incite pas les autres à en faire autant, ce qui sera à son avantage et mènera à son bien-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, adoso purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque l'absence de haine apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'elle apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “hitāya, bhante”.

— À son avantage, Bhanté.

— “aduṭṭho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo dosena anabhibhūto apariyādinnacitto neva pāṇaṃ hanati, na adinnaṃ ādiyati, na paradāraṃ gacchati, na musā bhaṇati, na parampi tathattāya samādapeti, yaṃ sa hoti dīgharattaṃ hitāya sukhāyā”ti.

— Un homme non haineux, Bhaddiya, qui n'est pas possédé par la haine, son esprit n'étant pas sous son emprise, ne tue pas d'êtres vivants, ne se saisit pas de ce qui n'a pas été donné, ne va pas à la femme d'un autre, ne dit pas de mensonges et n'incite pas les autres à en faire autant, ce qui sera à son avantage et mènera à son bien-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, amoho purisassa ajjhattaṃ uppajjamāno uppajjati hitāya vā ahitāya vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, lorsque l'absence d'illusionnement apparaît intérieurement chez une personne, est-ce qu'elle apparaît à son avantage ou à son préjudice?

— “hitāya, bhante”.

— À son avantage, Bhanté.

— “amūḷho panāyaṃ, bhaddiya, purisapuggalo mohena anabhibhūto apariyādinnacitto neva pāṇaṃ hanati, na adinnaṃ ādiyati, na paradāraṃ gacchati, na musā bhaṇati, na parampi tathattāya samādapeti, yaṃ sa hoti dīgharattaṃ hitāya sukhāyā”ti.

— Un homme non illusionné, Bhaddiya, qui n'est pas possédé par l'illusionnement, son esprit n'étant pas sous son emprise, ne tue pas d'êtres vivants, ne se saisit pas de ce qui n'a pas été donné, ne va pas à la femme d'un autre, ne dit pas de mensonges et n'incite pas les autres à en faire autant, ce qui sera à son avantage et mènera à son bien-être pour longtemps.

— “evaṃ, bhante”.

— En effet, Bhanté.

— “taṃ kiṃ maññatha, bhaddiya, ime dhammā kusalā vā akusalā vā”ti?

— Qu'est-ce que tu en penses, Bhaddiya, est-ce que ces choses sont avantageuses ou désavantageuses?

— “kusalā, bhante”.

— Avantageuses, Bhanté

— “sāvajjā vā anavajjā vā”ti?

— Répréhensibles ou irréprochable?

— “anavajjā, bhante”.

Irréprochable, Bhanté.

— “viññugarahitā vā viññuppasatthā vā”ti?

— Condamnées par les sages ou recommandées par les sages?

— “viññuppasatthā, bhante”.

— Recommandées par les sages, Bhanté.

— “samattā samādinnā hitāya sukhāya saṃvattanti, no vā? kathaṃ vā ettha hotī”ti?

— Lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, est-ce qu'elles sont à son avantage et mènent à son bien-être, ou pas? Qu'est-ce que tu en penses?

— “samattā, bhante, samādinnāhitāya sukhāya saṃvattantīti. evaṃ no ettha hotī”ti.

— Lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, Bhanté, elles sont à son avantage et mènent à son bien-être. C'est ce que j'en pense.

— “iti kho, bhaddiya, yaṃ taṃ avocumhā: ‘etha tumhe, bhaddiya! mā anussavena, mā paramparāya, mā itikirāya, mā piṭakasampadānena, mā takkahetu, mā nayahetu, mā ākāraparivitakkena, mā diṭṭhinijjhānakkhantiyā, mā bhabbarūpatāya, mā samaṇo no garūti. yadā tumhe, bhaddiya, attanāva jāneyyātha: ime dhammā kusalā, ime dhammā anavajjā, ime dhammā viññuppasatthā, ime dhammā samattā samādinnā hitāya sukhāya saṃvattantīti, atha tumhe, bhaddiya, upasampajja vihareyyāthā’ti, iti yaṃ taṃ vuttaṃ idametaṃ paṭicca vuttaṃ.

— Voici, Bhaddiya, ce en rapport à quoi j'ai dit: 'Bhaddiya, ne te fie ni à ce que tu as entendu, ni à la tradition, ni à ce qui est communément admis, ni à ce qui est transmis dans des textes, ni aux raisonnements, ni aux inférences, ni à la réflexion profonde, ni à l'acceptation d'une opinion après l'avoir méditée, ni à ce qui semble possible, ni à [la pensée:] "Ce renonçant est notre enseignant". Bhaddiya, ce dont tu sais par toi-même être des choses avantageuses, des choses irréprochables, des choses recommandées par les sages, des choses qui, lorsqu'elles sont adoptées et mises en œuvre, sont à ton avantage et mènent au bien-être, tu devrais les entreprendre et vivre en accord avec elles.'

“ye kho te, bhaddiya, loke santo sappurisā te sāvakaṃ evaṃ samādapenti: ‘ehi tvaṃ, ambho purisa, lobhaṃ vineyya viharāhi. lobhaṃ vineyya viharanto na lobhajaṃ kammaṃ karissasi kāyena vācāya manasā. dosaṃ vineyya viharāhi. dosaṃ vineyya viharanto na dosajaṃ kammaṃ karissasi kāyena vācāya manasā. mohaṃ vineyya viharāhi. mohaṃ vineyya viharanto na mohajaṃ kammaṃ karissasi kāyena vācāya manasā. sārambhaṃ vineyya viharāhi. sārambhaṃ vineyya viharanto na sārambhajaṃ kammaṃ karissasi kāyena vācāya manasā’”ti.

Bhaddiya, ceux dans le monde qui sont des hommes de bien exhortent leurs disciples ainsi: 'Allez, mon cher, reste à éliminer l'avidité. Lorsque tu resteras à éliminer l'avidité, tu ne réaliseras aucune action engendrée par l'avidité, que ce soit en corps, en parole ou en esprit. Reste à éliminer l'aversion. Lorsque tu resteras à éliminer l'aversion, tu ne réaliseras aucune action engendrée par l'aversion, que ce soit en corps, en parole ou en esprit. Reste à éliminer l'illusionnement. Lorsque tu resteras à éliminer l'illusionnement, tu ne réaliseras aucune action engendrée par l'illusionnement, que ce soit en corps, en parole ou en esprit. Reste à éliminer la brutalité. Lorsque tu resteras à éliminer la brutalité, tu ne réaliseras aucune action engendrée par la brutalité, que ce soit en corps, en parole ou en esprit.'

evaṃ vutte bhaddiyo licchavi bhagavantaṃ etadavoca:

Lorsque cela fut dit, Bhaddiya le Licchavi dit au Fortuné:

— “abhikkantaṃ, bhante, abhikkantaṃ, bhante! seyyathāpi bhante, nikkujjitaṃ vā ukkujjeyya, paṭicchannaṃ vā vivareyya, mūḷhassa vā maggaṃ ācikkheyya, andhakāre vā telapajjotaṃ dhāreyya: ‘cakkhumanto rūpāni dakkhantī’ti; evamevaṃ bhagavatā anekapariyāyena dhammo pakāsito. esāhaṃ, bhante, bhagavantaṃ saraṇaṃ gacchāmi dhammañca bhikkhusaṅghañca. upāsakaṃ maṃ, bhante, bhagavā dhāretu ajjatagge pāṇupetaṃ saraṇaṃ gatan”ti.

— C'est excellent, Bhanté, excellent! Tout comme on redresserait ce qui était renversé, ou bien on révélerait ce qui était caché, ou on montrerait le chemin à quelqu'un qui se serait perdu, ou on allumerait une lampe dans l'obscurité [en pensant:] 'Ceux qui possèdent une bonne vue verront les formes', de la même manière le Fortuné a expliqué le Dhamma de diverses façons. Bhanté, je vais en refuge au Fortuné, ainsi qu'au Dhamma et à la Communauté des bhikkhous. Que le Fortuné me retienne à l'esprit en tant que disciple laïc étant allé en refuge à compter d'aujourd'hui et pour la vie.

— “api nu tāhaṃ, bhaddiya, evaṃ avaca: ‘ehi me tvaṃ, bhaddiya, sāvako hohi; ahaṃ satthā bhavissāmī’”ti?

— Bhaddiya, est-ce que je t'ai dit: 'Viens à moi, Bhaddiya, sois mon disciple, je serai ton maître?'

— “no hetaṃ, bhante”.

— Non, Bhanté.

— “evaṃvādiṃ kho maṃ, bhaddiya, evamakkhāyiṃ eke samaṇabrāhmaṇā asatā tucchā musā abhūtena abbhācikkhanti: ‘māyāvī samaṇo gotamo āvaṭṭaniṃ māyaṃ jānāti yāya aññatitthiyānaṃ sāvake āvaṭṭetī’”ti.

— Mais bien que je parle ainsi et que j'expose ainsi [mon enseignement], certains renonçants & brahmanes me représentent faussement avec ce qui est fallacieux, creux, mensonger et incorrect: 'Le renonçant Gotama est un magicien qui connaît une magie qui convertit à l'aide de laquelle il convertit les disciples hétérodoxes.'

— “bhaddikā, bhante, āvaṭṭanī māyā. kalyāṇī, bhante, āvaṭṭanī māyā. piyā me, bhante, ñātisālohitā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, piyānampi me assa ñātisālohitānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhante, khattiyā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhante, brāhmaṇā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhante, vessā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhante, suddā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa suddānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāyā”ti.

Bhanté, [cette] magie qui convertit est excellente. Bhanté, [cette] magie qui convertit est bénéfique. Bhanté, si mes proches & parents étaient convertis par cette conversion, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les aristocrates étaient convertis par cette conversion, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les brahmanes étaient convertis par cette conversion, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les vessas étaient convertis par cette conversion, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les souddas étaient convertis par cette conversion, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps.{n}

— “evametaṃ, bhaddiya, evametaṃ, bhaddiya! sabbe cepi, bhaddiya, khattiyā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ akusaladhammappahānāya kusaladhammūpasampadāya, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhaddiya, brāhmaṇā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhaddiya, vessā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ, sabbesampissa khattiyānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya. sabbe cepi, bhaddiya, suddā āvaṭṭeyyuṃ akusaladhammappahānāya kusaladhammūpasampadāya, sabbesampissa suddānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya.

— Il en est ainsi, Bhaddiya, il en est ainsi. Si tous les aristocrates étaient convertis par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les brahmanes étaient convertis par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les vessas étaient convertis par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps. Si tous les souddas étaient convertis par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps.

sadevako cepi, bhaddiya, loko samārako sabrahmako sassamaṇabrāhmaṇī pajā sadevamanussā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ akusaladhammappahānāya kusaladhammūpasampadāya, sadevakassapissa lokassa samārakassa sabrahmakassa sassamaṇabrāhmaṇiyā pajāya sadevamanussāya dīgharattaṃ hitāya sukhāya. ime cepi, bhaddiya, mahāsālā imāya āvaṭṭaniyā āvaṭṭeyyuṃ akusaladhammappahānāya kusaladhammūpasampadāya, imesampissa mahāsālānaṃ dīgharattaṃ hitāya sukhāya (sace ceteyyuṃ). ko pana vādo manussabhūtassā”ti!

Si le monde avec ses dévas, ses Maras, ses Brahmas, ses renonçants & brahmanes, [cette] génération de dévas et d'êtres humains, était converti par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à son avantage et mènerait à son bien-être pour longtemps. Si ces grands arbres sals étaient convertis par cette conversion à l'abandon des états mentaux désavantageux et l'acquisition des états mentaux avantageux, ce serait à leur avantage et mènerait à leur bien-être pour longtemps (s'ils pouvaient choisir).{n} Que dire donc des êtres humains?





Bodhi leaf


Note


1. ce que tu as entendu... ce qui semble possible: il y a une grande variabilité d'interprétation de ces différentes expressions d'un traducteur à l'autre. Bhikkhu Bodhi note: "Ces trois critères de vérité inadéquats peuvent être regroupés en trois catégories:


(1) La première est formée de propositions basées sur la tradition, et inclut les quatre premiers critères."

ce que tu as entendu: anu·s·sava
signifie littéralement "ce qui s'écoule".

Traductions alternatives: 'ouï-dire' (Ñanamoli Thera), 'rumeurs' (Thanissaro B.). Bhikkhu Bodhi: "généralement compris comme faisant référence à la tradition védique, qui, selon les brahmanes, était apparue avec la Déité Première et avait été transmise oralement aux générations successives."

ce qui est répété dogmatiquement: param·parā
signifie littéralement "autre-autre" ou "ensuite-ensuite".

Traductions alternatives: 'tradition' (Ñ.Th), 'lignée d'enseignement' (B.B), 'légendes' (T.B). B.B: "signifie tradition en général, une chaîne sans rupture d'enseignements ou d'enseignants."

ce qui est communément admis: iti·kira
signifie littéralement "ainsi-dispersé".

Traductions alternatives: 'tradition légendaire' (Ñ.Th), 'ouï-dire' (B.B), 'traditions' (T.B), 'rumeur' (Soma Th). B.B: "peut signifier opinion populaire ou consensus général."

ce qui est transmis dans des textes: piṭaka·sampadāna
signifie littéralement "écriture-transmis".

Traductions alternatives: 'ce qui est venu dans des écritures' (Ñ.Th), 'une collection d'écritures' (B.B). B.B: "signifie une collection de textes religieux considérés comme infaillibles."


(2) "Le second groupe, qui comprend les quatre termes suivants, fait référence à quatre types de raisonnements reconnus par les penseurs à l'époque du Bouddha."

raisonnements: takka·hetu.
Takka est l'équivalent du sanskrit tarka signifiant 'doute' ou bien 'science de la logique', auxquels les dictionnaires de Pali ajoutent 'pensée' (voir vi·takka) et 'raisonnement'.
Hetu signifie 'cause, raison, condition'. Une traduction littérale pourraît être: 'ce qui est à cause du raisonnement (ie. atteint par ~)'.

Traductions alternatives: 'conjecture' (Ñ.Th), 'raisonnement logique' (B.B), 'conjecture logique' (T.B).

inférences: naya·hetu.
Naya signifie 'méthode, plan, manière, inférence, conclusion correcte, signification, comportement, conduite'.

Traductions alternatives: 'inférence logique' (Ñ.Th), 'raisonnement par inférence' (B.B), 'axiome' (S.Th).

réflexion profonde: ākāra·parivitakka.
Ākāra signifie (d'après le PTS Dic:) 'état, condition, qualité, propriété, attribut, signe, apparence, forme, manière, mode, raison' etc.
Parivitakka signifie 'réflection, considération'.

Traductions alternatives: 'en soupesant les preuves' (Ñ.Th), 'réflexions sur les raisons' (B.B), 'analogie' (T.B), 'raisonnement spécieux' (S.Th).


(3) "Le troisième groupe comprend les termes faisant référence à l'autorité personnelle."

ce qui semble possible: bhabba·rūpatā.
Bhabba signifie 'capable, possible'.
Rūpatā signifie 'apparence, conformité'.

Traductions alternatives: 'l'aptitude d'un autre' (Ñ.Th), 'la compétence apparente de celui qui parle' (B.B), 'probabilité' (T.B), 'l'aptitude apparente d'un autre' (S.Th). B.B: "charisme de celui qui parle, incluant peut-être également ses qualités extérieures, eg. le fait qu'il soit hautement éduqué, qu'il ait beaucoup de disciples, qu'il soit respecté par le roi etc."


Traduction proposée par Rémy.

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pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
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Le traducteur n'est pas un expert en Pali, et afin d'éviter toute erreur se réfère à des traductions déjà existantes; il espère néanmoins que les erreurs qui peuvent se glisser dans la traduction ne sont que minimes.


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